Le « développement durable » est-il une notion soute-nable ? L’écologie est-elle soluble dans le productivisme et le capitalisme ? L’écologie vise-t-elle à relever un défi simplement technique, ou doit-elle poser dans toute sa radicalité une question politique ? Pour André Gorz, la réponse ne fait aucun doute : l’écologie politique doit être ancrée dans la critique du mode de production capitaliste et de l’aliénation dans le travail, et, loin de légitimer l’accroissement du pouvoir des experts, elle doit au contraire viser la réappropriation par les individus de la maîtrise sur leur vie.
Ecologica est un recueil d’articles et d’entretiens d’André Gorz, paru en 2008, quelques mois après sa mort. Il s’agissait pour Gorz, avec cet ouvrage, à la fois d’évoquer la genèse de ses analyses et de livrer le dernier état de ses réflexions sur la situation actuelle. L’essentiel des textes (les deux tiers du recueil) a été écrit dans les dernières années de sa vie, de 2005 à 2007, et développe les thèses auxquelles il était alors parvenu, et qu’il avait notamment développées dans
L’Immatériel (2003). Les autres textes, qui courent de 1975 à 1992, manifestent les continuités de sa pensée et le sens de sa contribution au mouvement de l’écologie politique.
Ecologica est le lieu de clarifications salutaires. Le lecteur sera ainsi peut-être surpris de constater qu’il n’y est pas tellement question d’émissions de CO2, ni de crise du pétrole. C’est que l’écologie politique, comme le souligne Gorz, n’est pas identifiable aux «
politiques de « préservation du milieu naturel » » qui, s’appuyant «
sur l’étude scientifique de l’écosystème, cherche[nt] à déterminer scientifiquement les techniques et les seuils de pollution écologiquement supportables, c’est-à-dire les conditions [...]
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