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Les pieds-rouges, « gogos » de l’indépendance de l’Algérie ?
à propos de Catherine Simon, Algérie, les années pieds-rouges. Des rêves de l’indépendance au désenchantement (1962-1969)
Par Sylvie Thénault
Au lendemain de la guerre d’indépendance algérienne, des milliers de «pieds-rouges» se rendent en Algérie pour participer à la (re)construction du nouvel État. Dans Algérie, les années pieds-rouges, Catherine Simon porte sur leur expérience un regard rétrospectif en termes d’illusion et de désenchantement. Ce regard est-il le plus à même de ressaisir cette expérience?

On pourrait écrire une histoire du regard français jeté sur l’indépendance de l’Algérie et ceux qui la défendirent. Le livre de Catherine Simon y serait le symbole d’une époque, la nôtre, où les engagements d’hier sont revisités à la lumière de ce qu’est devenue la nation algérienne depuis son avènement en tant qu’État, à la lumière de l’échec général des tentatives révolutionnaires dans les pays dits du «Tiers-Monde»; une époque où il est de bon ton de prendre ses distances avec l’anticolonialisme de nos aînés, au nom du marasme politique, économique et social de nombre de pays devenus indépendants.

Il est bien sûr tout à fait légitime d’écrire et de publier une histoire des pieds-rouges, cette «sorte depieds-noirs à l’envers» (p.10), que leurs élans anticolonialistes conduisirent en Algérie au moment de l’indépendance, sachant que l’historiographie ne s’est guère intéressée à la présence française en Algérie dans la période postcoloniale, qu’il s’agisse des pieds-rouges, des pieds-noirs ou des coopérants1. Mais pourquoi y revenir en les présentant d’emblée comme les «gogos de l’histoire» (p.11), car contraints de quitter le pays au bout de quelques années, en y laissant toutes leurs illusions? Il y a dans cette expression révélatrice d’une vision rétrospective, qui résume bien l’esprit du livre, un condensé des représentations françaises de l’indépendance de l’Algérie chez ceux qui s’engagèrent en sa faveur avant de regretter ce qu’elle est advenue: cause légitime à défendre, dans un premier temps, celui du combat; espoir suscité par l’avènement de cette nouvelle nation où tout semblait ouvert; déception, ensuite, devant les orientations du régime, son caractère autoritaire, la répression politique que ses dirigeants mirent en oeuvre, l’arabisation qui se fit contre le français… Mais qu’y a-t-il derrière cette image? De l’amertume? Du regret? Placée sous ce signe, la lecture du livre de Catherine Simon laisse une impression de malaise que ne parvient pas à dissiper son caractère indiscutablement neuf et informé – même si la pertinence du corpus de témoins pourrait être interrogée.

La démarche de Catherine Simon, en effet, n’est pas qu’une démarche historienne, consistant à écrire cette page du passé franco-algérien restée blanche faute d’être glorieuse, selon elle. Fondée sur le recueil de témoignages et la reconstitution de la biographie de plusieurs dizaines de pieds-rouges, elle relève aussi de la transmission d’une mémoire avant qu’elle ne se perde à jamais – les pieds-rouges approchent aujourd’hui les 80ans. Les notices biographiques rassemblées en fin d’ouvrage, pour succinctes qu’elles soient, témoignent d’un retour à l’ordinaire et à la banalité après le retour en France; on aurait aimé, d’ailleurs, que le livre aille au bout de ces destins.

Mais la démarche de Catherine Simon est aussi politique, à travers la façon dont elle nous invite à considérer ces engagements d’un autre temps. Elle regrette en effet que cette expérience soit restée «sans bilan» (p.232), sauf chez les pieds-rouges restés en contact depuis cet épisode de leur vie. Est-ce un hasard si c’est l’ancienne correspondante du Mondeen Algérie au début des années 1990, au moment où partirent la plupart des derniers Français, qui se livre à un retour aussi amer sur cette histoire, alors que celle-ci aurait pu être racontée, avec une pointe de nostalgie, comme la belle aventure d’une génération qui savait s’engager radicalement?

La nébuleuse pied-rouge

Suivant l’une des hypothèses pour expliquer l’origine de l’expression, les détracteurs des pieds-rouges les auraient nommés ainsi par confusion et amalgame avec les communistes. Communistes à la mode soviétique, oui, certains l’étaient, comme Henri Alleg, qui allait faire revivre Alger Républicain, l’organe du Parti communiste algérien anéanti par les autorités françaises pendant la guerre, à coups d’arrestations, de tortures et de condamnations2. Trotskistes, certains l’étaient aussi, comme ceux qui arrivèrent du Maroc où ils avaient oeuvré à la fabrication d’armes pour le Front de libération nationale (FLN), sous l’égide de «Pablo», un dirigeant de la IVeInternationale à l’époque, lui-même devenu conseiller d’Ahmed BenBella à l’indépendance3.

Mais il y avait aussi, pêle-mêle: des militants que l’on qualifierait aujourd’hui d’«humanitaires», issus de la Cimade, par exemple, ou des professionnels de la santé, sortes de Frantz Fanon anonymes, telle Annette Roger, neurophysiologiste de haut niveau, qui, traduite en justice pour son soutien au FLN en France, quitta mari et enfants en 1960 pour rejoindre les forces algériennes installées en Tunisie et devint directrice de la formation médicale et paramédicale au ministère de la Santé à l’indépendance; des militants de la désobéissance, anciens «porteurs de valise», comme Hélène Cuénat4, déserteurs et insoumis, comme Jean-Louis Hurst et Maurice Maschino5, qui, s’ils avaient voulu rentrer en France, en auraient de toute façon été empêchés par la menace d’emprisonnement planant sur eux, l’amnistie à leur égard n’étant intervenue qu’en 1966; des hommes et des femmes, enfin, que leurs trajectoires personnelles, leurs amours parfois, ont amenés là. Les pieds-rouges forment une nébuleuse hétéroclite, aux contours difficiles à cerner, une catégorie discutable, aussi. Hélène Cuénat, par exemple, rejette l’appellation6. Et que penser de l’inclusion d’Henri Alleg, alors qu’il était arrivé en Algérie avant la seconde guerre mondiale?

Ils auraient été quelques dizaines de milliers d’hommes et de femmes, d’après Catherine Simon, à venir pallier dans l’urgence, pour quelques années, les besoins de l’Algérie souveraine, vidée de ses cadres par le départ des Français et pauvre en infrastructures médicales, scolaires, universitaires et culturelles. Moins que la politique de la «terre brûlée» décidée par l’OAS en fin de course, au printemps1962, consistant à détruire les réalisations françaises pour prétendument laisser le pays dans l’état où les Français l’avaient trouvé, invoquée par Catherine Simon pour expliquer l’immense chantier qui s’offrait alors aux bonnes volontés, ce sont toute la période coloniale et les huit années de guerre qu’il faudrait inventorier pour comprendre l’ampleur des besoins. Les équipements de la période française profitèrent avant tout à la population européenne, de multiples mécanismes concourant à une discrimination dans l’accès aux soins, à l’école et à la culture. Ils étaient concentrés dans les agglomérations urbaines, où vivaient plus de 80% des Français d’Algérie, alors que la population colonisée, elle, était rurale dans la même proportion. Le fait est ignoré en France, où personne ne remarque que la mémoire des Français d’Algérie, regorgeant de mixité et d’échanges, est essentiellement une mémoire de la vie en ville, alors qu’il s’agit d’un facteur important de séparation et d’inégalités.

Pendant la guerre, l’exode rural, accentué, gonfla la population déshéritée des bidonvilles, tandis que les campagnes furent déstructurées. Au moment de l’indépendance, deux millions d’Algériens, soit le quart de la population totale, vivaient dans des camps de regroupement résultant des déplacements consécutifs à la guerre ou forcés par l’armée française, dépourvus de tout et dépendants de l’assistance pour survivre7. C’est donc d’inégalités structurelles profondes, remontant à la période coloniale et aggravées par la guerre, que l’Algérie indépendante hérite, au-delà des conséquences des violences de l’OAS… même si celles-ci frappèrent les esprits au point d’occulter la longue durée coloniale, en particulier pour des pieds-rouges débarquant en 1962, témoins directs des destructions dues aux terroristes de l’Algérie française.

Pieds-rouges, coopérants, pieds-noirs

Les pieds-rouges, toutefois, n’étaient pas seuls à la tâche. Leurs souvenirs mettent en scène les nationaux de pays solidaires d’une Révolution algérienne championne du tiers-mondisme et du non-alignement, mais flirtant pragmatiquement avec quelques forces du bloc de l’Est. Bulgares, Cubains, Tchèques… furent des confrères, plus ou moins compétents, plus ou moins appréciés, mais des confrères tout de même, pour lespieds-rouges. Ils se décrivent plus à l’aise, plus en phase, dans le quotidien, dans leur projet, dans leur mode de vie, avec ces hommes et ces femmes venus par solidarité politique qu’avec les ressortissants du monde arabe, dont la fraternité avec les Algériens était d’une tout autre nature: pour eux, il s’agissait d’oeuvrer à la restauration de l’identité arabo-musulmane d’un pays que la colonisation aurait dépersonnalisé.

Mais le fossé ressenti aurait été plus grand encore avec les coopérants officiels, dépeints comme jouissant des plus grands avantages et politiquement stérilisés par la réserve que leur imposait leur statut. Les deux catégories, pourtant, n’étaient pas imperméables. Il y eut bien des pieds-rouges revêtant les habits du coopérant pour se faciliter la tâche au plan matériel et administratif, dès1962; il y eut bien, à l’inverse, des coopérants trop jeunes au moment de la guerre d’Indépendance pour s’engager dans le soutien au FLN mais dont les désirs postérieurs de coopération n’étaient pas exempts d’empathie pour la cause anticolonialiste. D’autres cumulèrent les deux statuts dans le temps: venus par eux-mêmes, ils prolongèrent leur séjour dans le cadre de la coopération étatique.

Les pieds-noirs restés en Algérie après1962, quant à eux, brillent par leur absence dans le livre. Ils n’apparaissent qu’en hors-champ du vécu des pieds-rouges, alors même que les uns et les autres ne s’ignoraient pas et pouvaient se retrouver dans des lieux culturels ou des mouvances politiques, par exemple. Car contrairement à un cliché faisant de la règle du départ précipité en1962 une règle absolue, les pieds-noirs restés en Algérie faisaient masse: ils auraient été 200000, d’après l’ambassade de France, à la fin de l’été1962 (p.34) et 100000 encore, en1963 (p.96). Au contraire des pieds-rouges, eux connaissaient ce pays qu’ils considéraient comme le leur. Ils en connaissaient les tensions et les failles, et, tout en défendant leur légitimité à trouver leur place dans la nation nouvellement indépendante, ils savaient que ce n’était pas gagné, le FLN étant lui-même tiraillé entre diverses conceptions de l’identité algérienne, des plus ouvertes à la diversité aux plus repliées sur sa composante arabo-musulmane. Ils prirent comme une gifle le code de la nationalité qui, en 1963, reconnut comme Algériens ceux qui étaient soumis au statut personnel musulman pendant la période coloniale; les autres devaient accomplir une procédure d’acquisition.

Les pieds-rouges, en revanche, découvrirent tout: la place de l’islam dans la société et les familles, l’importance de la langue arabe en dehors de toute politique officielle contraignante, les interdits pesant sur les femmes, l’existence d’une fracture kabyle au sein de la nation algérienne… Même si le mot «désenchantement» est employé dans le titre du livre, à n’en pas douter, dans un sens politique, les témoignages cités en pages intérieures suggèrent que cette découverte de la société algérienne n’en fut pas le moindre aspect. L’Algérie des pieds-rouges était irréelle. Leur rapport au pays, d’ailleurs, tel que le donne à voir Catherine Simon, est celui d’expatriés, et ils s’interrogeaient eux-mêmes sur le rôle qu’ils jouaient, à leurs corps défendant, dans une forme de néocolonialisme. La façon dont est relatée la mésaventure des cinémathèques en est particulièrement significative: ouvertes et animées sous l’égide des étrangers, elles sont présentées comme des replis de la modernité et leur déclin comme un symbole du triomphe rampant de l’obscurantisme. Or, pour regrettable que soit cette évolution, elle pose la question de la possibilité de la modernisation d’un pays par greffe extérieure, hors de tout changement porté par des forces politiques et sociales internes, hors de toute mutation profonde, engageant au moins de très larges secteurs de la société concernée; une problématique qui n’est rien moins que celle de la colonisation.

Le désenchantement

La date du coup d’État du 19juin 1965 sert de repère à un désenchantement difficile à dater, tant il résulte d’un processus subtil et progressif. Les pieds-rouges ayant tribune dans les médias, par exemple, avaient bien noté que l’actualité nationale leur était interdite, au contraire des affaires étrangères et culturelles. Maurice Maschino et sa femme, de même, avaient choisi le silence après les attaques contre leur émission de radio censée prendre des accents trop féministes. Le démantèlement du maquis de Dra-el-Mizan, enfin, formé par des maoïstes algériens et étrangers en 1963 dans l’idée d’aiguillonner une Révolution algérienne qui selon eux s’essoufflait, suscita une campagne de presse contre les étrangers et les Juifs. Comme en témoigne cette affaire, les pieds-rouges furent globalement pris pour cible à un double titre: en raison de leurs liens avec des opposants au régime emprisonnés, comme Mohamed Boudiaf dès 1963 ou Mohammed Harbi après le coup d’État, mais aussi en tant qu’étrangers ou juifs, l’antisémitisme flambant plus particulièrement en 1967 avec la guerre des Six jours.

Le coup d’État déclencha une première grande vague de départs. Les pieds-rouges étaient désormais visés et directement victimes de la répression, certains fuyant même sans attendre d’être inquiétés, comme Henri Alleg ou «Pablo». Arrestations, tortures, détentions arbitraires n’épargnèrent pas les pieds-rouges, dès lors que leurs activités politiques les désignaient comme des adversaires du régime. Le fils de Monique Gadant, âgé de 16ans, fut même torturé par la police qui recherchait son beau-père, algérien et communiste. Le choix de la date de 1969 comme terme de cette histoire, toutefois, ne convainc pas. Pour Catherine Simon, cette année serait celle des dernières grandes manifestations d’euphorie révolutionnaire, avec l’arrivée à Alger d’Eldridge Cleaver, leader des Black Panthers, et l’organisation du premier festival panafricain. En tant que telle, 1969 aurait été la dernière année des illusions qui maintenaient les pieds-rouges sur place. Pourtant, les notices biographiques indiquent des dates de départ plus tardives, une fois passée la première vague liée au coup d’État: après s’être concentrés dans la première moitié des années 1970, les départs se sont échelonnés jusqu’aux années les plus récentes de la guerre civile. Le schéma construit par Catherine Simon vaut surtout pour les pieds-rouges engagés à l’extrême gauche. Les «humanitaires» ne connurent pas les mêmes difficultés, les enseignants non plus. Pour ces derniers, d’ailleurs, plus que la répression, c’est l’arabisation, peu décrite dans le livre et dont les effets se firent très contraignants à partir de 1970, qui compta dans la décision de partir.

La prégnance du facteur politique dans la chronologie construite par Catherine Simon rend lisible son analyse de l’échec de la Révolution algérienne: la responsabilité en incombe au pouvoir, dont l’autoritarisme était en germe dans le FLN du temps de la guerre d’indépendance, déchiré par des luttes intestines se résolvant dans l’assassinat politique et la violence, y compris contre des Français qui étaient ses partisans8. La façon dont elle insiste sur les liens entre ce pouvoir et l’État français qui participa notamment à la formation des forces de sécurité algériennes désigne aussi un complice. Là encore, c’est l’ancienne correspondante du Mondeen Algérie au début de la décennie noire, éditée à La Découverte, qui parle: François Gèze défendit alors la thèse selon laquelle «le pouvoir» algérien était en partie responsable des violences, manipulant plus particulièrement des groupes islamistes coupables de massacres9. De l’indépendance au présent, la boucle est alors bouclée.
Sylvie Thénault
Sylvie Thénault est chargée de recherche au CNRS, membre du Centre d’histoire sociale du XXe siècle. Elle est notamment l’auteure de Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie, de Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, et de La France en guerre, 1954-1962 (coll.).
Pour citer cet article : Sylvie Thénault, Les pieds-rouges, « gogos » de l’indépendance de l’Algérie ?, in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 06/05/2010, url:http:www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=476
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Rili, Numéro 14, novembre-décembre 2009

Numéro 14

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David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

à propos de Jann-Marc Rouillan, Chroniques carcérales (2004-2007)


Sandro Mezzadra - Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

à propos de Daniel Bensaïd, éloge de la politique profane et de Penser Agir


Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

À propos de Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux, Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine, Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie, Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Marc Saint-Upéry - Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

à propos de Quentin Meillassoux, Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence


Grégory Hosteins - L’anthropologie sauvage

à propos de Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Marshal Sahlins, La Découverte du vrai sauvage et autres essais et de Lucienne Strivay, Enfants sauvages. Approches anthropologiques


Iconographie - Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Tour d’horizon de la bande dessinée indépendante


Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

entretien avec Yann Moulier Boutang et Jérôme Vidal


Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

Jan-Frederik Abbeloos - La Chine, dernière chance du capitalisme ?

à propos de Giovanni Arrighi, Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-first Century


André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de: L’Avénement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche » -

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de l’oeuvre de Marcel Gauchet


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Collectif - Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Financiarisation et crise des subprimes: cartographie des parutions récentes


Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Entretien réalisé par Raúl Dellatorre


Penser le contemporain (1): Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos d’Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

A propos de Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Kristin Ross, Nicolas Hatzfeld, Antoine Artous... - Mai 68 : le débat continue

A propos de l'article de Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

A propos de Xavier Vigna, L’insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

A propos de Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Maxime Cervulle - Où sont les folles ?

A propos de Jean-Yves Le Talec, Folles de France. Repenser l’homosexualité masculine


Elvan Zabunyan - La conscience féministe noire, ou la radicalité d’une pensée contemporaine

A propos d’Elsa Dorlin, Black Feminism. Une anthologie du féminisme africain-américain 1975-2000


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

Apropos d’Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes. Cours croisés, pensées parallèles

A propos de Les cours de Gilles Deleuze en ligne (http://www.univ-paris8.fr/deleuze), François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée, et Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903 -

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

A propos de Jacques Bouveresse, La Connaissance de l'écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie, Tzvetan Todorov, La Littérature en péril, Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes, Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

A propos de Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature (trad. Etienne Dobenesque)


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos d’Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68, Serge Audier, La Pensée anti-68, Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective et Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

A propos de Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

A propos de Jean-Loup Amselle, L'Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

A propos de Gil Anidjar, Semites: Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de David Harvey, Géographie de la domination


Jérôme Vidal - Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme : une présentation critique


Artistes invités dans ce numéro -

Terry Castle, Yuki Onodera, Daniel J. Gerstle.


Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais (Anthologie établie et préfacée par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan)(trad. Laurence Allard, Pierre-Armand Canal, Marie-Hélène Dumas, Delphine Gardey,Charlotte Gould, Nathalie Magnan et Denis Petit)


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure : hasard et sociologie


Michael Hardt - La violence du capital

A propos de Naomi Klein, The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism


Giorgio Agamben - Le gouvernement de l'insécurité

Entretien avec Andrea Cortellessa


Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

A propos de John H. Elliott, Empires of the Atlantic World: Britain and Spain in America 1492-1830 et de Imperios del mundo atlántico. España y Gran Bretaña en América, 1492-1830


Antonio de Almeida Mendes - A bord des Négriers

A propos de Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

A propos de Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière : les chaînes de montage chez Peugeot 1972-2003


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

A propos de Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe. Pour une sociologie de la philosophie dans la France contemporaine


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

A propos de Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura: La Espana Inquisitorial Y La Alemania Nazi Cara a Cara


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

A propos de Alessandro Piperno, Proust antijuif (trad. Fanchita Gonzales Batlle)


Artistes invités dans ce numéro -

Claude Cahun, Georges Rousse et Marion Franzini


Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

A propos de George L. Mosse, Zeev Sternhell et Emilio Gentile


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

A propos de John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir (trad. Sylvie Bosserelle) et de Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Entretien avec Elke Wagner


Slavoj Žižek - La colère, le ressentiment et l’acte

A propos de Peter Sloterdijk, Colère et Temps. Essai politico-psychologique (trad. Olivier Manonni)


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

À propos de Claude Lefort, Le Temps présent – Écrits 1945-2005


Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

A propos de Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

A propos de Xavier Bébin, Pourquoi punir ? L’approche utilitariste de la sanction pénale


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

A propos de Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro -

Florence Reymond, Lynne Cohen et Charles-Alexandre Lesueur.


Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale (trad. Christine Vivier), et de François Denord, Néo-libéralisme version française


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant, de Comité invisible, L’Insurrection qui vient, et de David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de Sonia Shah, Cobayes humains. Le Grand Secret des essais pharmaceutiques (trad. Pierre Saint-Jean)


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République. L’avenir des intellectuels en France


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de Stanley Fish, Quand lire c’est faire. L’autorité des communautés interprétatives (trad. Etienne Dobenesque)


Artistes invités dans ce numéro -

Fred Hultstrand, L'Affiche, revue murale de poésie, et Anne Nordmann.


Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de Jack Goody, The Theft of History


Editorial - Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation (trad. Françoise Bouillot)


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée (trad. Marc Saint-Upéry)


Thierry Labica - Le grand récit de la postmodernité

à propos de Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif (trad. Florence Nevrolty) et Fredric Jameson, La Totalité comme complot (trad. Nicolas Vieillescazes)


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de Michael Scott Christofferson : French Intellectuals Against the Left.


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro -

Yann Delacour, Estelle Contamin, Mathieu Pernot