L'Histoire en question:
Aristote au Mont Saint-Michel ?
Il est rare qu’une recension fasse scandale. Surtout dans le monde discret des chercheurs en histoire médiévale. La publication, il y a quelques semaines, dans un grand quotidien national, d’une critique dithyrambique d’Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne de Sylvain Gouguenheim, a pourtant mis le feu au poudre. L’ouvrage a pour but premier de réviser et de minorer l’apport de la culture islamique à l’Occident médiéval, notamment concernant la question de la transmission des textes grecs. La communauté des historiens réagit vigoureusement à ce livre polémique. À l’heure actuelle, une pétition condamnant le livre est signée par des centaines d’entre eux, et les tribunes se succèdent dans les journaux. L’historien Alain de Libera fut
l’un des premiers à réagir. Directement mis en cause par l’ouvrage, il a proposé une tribune au même grand quotidien national, qui fut refusée. La voici, accompagnée d'autres textes.
Alain de Libera, Landerneau terre d'IslamEn 1857, Charles Renouvier faisait paraître
Uchronie (l’utopie dans l’histoire): esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être. L’histoire alternative
(What-if history) était née. Ce qui s’énonce sous le titre
Et si l’Europe ne devait pas ses savoirs à l’Islam ? pourrait annoncer un plaisant exercice d’histoire fiction [...]
Appel collectif d'histoirien(-ne)s: Prendre de vieilles lunes pour des étoiles nouvelles, ou comment refaire aujourd’hui l’histoire des savoirsEn France et à l’étranger, bon nombre de lecteurs du
Monde ont lu avec quelque étonnement, dans
Le Monde des livres du 4 avril 2008, l’article intitulé « Et si l’Europe ne devait pas ses savoirs à l’islam ? », rendant compte de l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim,
Aristote au Mont-Saint-Michel : les racines grecques de l’Europe chrétienne (Seuil, L’Univers historique, 2008) [...]
Max Lejbowicz, Saint-Michel historiographe. Quelques aperçus sur le livre de Sylvain GouguenheimL’ auteur développe une thèse qui, fondée sur le postulat de l’excellence exclusive de la culture grecque, se met aisément sous forme syllogistique. Prémisse majeure : la culture de l’Europe latine s’est tout au long du Moyen Âge abreuvée aux sources de la culture grecque. Prémisse mineure : à la même époque, la culture arabo-islamique n’a été qu’effleurée par la culture grec-que. Conclusion: [...]
« Oui, l’Occident chrétien est redevable au monde islamique »: Un collectif international de 56 chercheurs en histoire et philosophie du Moyen AgeHistoriens et philosophes, nous avons lu avec stupéfaction l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim intitulé
Aristote au Mont- Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne (Seuil) qui prétend démontrer que l’Europe chrétienne médiévale [...]
La RILI, une présentation
«une révolution culturelle» (Jürg Altwegg, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 22/10/07 [à propos de la RILI])
Vive la pensée vive !
Nous sommes nombreux à regretter l’absence en France de véritables lieux publics où la critique littéraire, savante et politique pourrait s’exercer et s’épanouir. Nous sommes nombreux à regretter l’espace toujours plus réduit et intermittent que lui accordent la plupart des grands médias. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui La Revue internationale des livres et des idées, qui voudrait introduire dans le monde francophone, en la renouvelant, la tradition que le Times Literary Supplement, la New York Review of Books, la London Review of Books et, plus récemment, Bookforum ont contribué à inventer, à maintenir et à développer dans le monde anglophone.
La Revue internationale des livres et des idées sera ainsi :
■ une revue de débat, attachée à la mise en évidence de la dimension politique des savoirs et des idées, à la mise au jour des lignes de partage, des points de rencontres, des points forts et des points aveugles des positions intellectuelles et politiques existantes ou émergentes, dans toute leur diversité ; une revue engagée, une zone de contact entre les gauches critiques, un lieu d'élaboration polémique et rigoureuse des débats publics;
■ une revue critique, consacrée presque exclusivement à l’actualité du livre, de la pensée et de la recherche, aux essais les plus innovants, à la littérature de création, aux travaux les plus « critiques » – qui viennent troubler les savoirs établis et mettre en question les imaginaires sociaux et politiques ; l'espace d'une politique démocratique des savoirs et de l'intellectualité;
■ une revue d’actualité, intervenant dans le débat public, portant sur l’actualité un regard décalé et contribuant à la redéfinir ;
■ une revue transnationale, avec un tiers de comptes rendus de livres non disponibles en langue française, un tiers environ de contributeurs étrangers, une sélection d’articles des meilleures revues internationales et une attention toute particulière portée aux traductions ;
■ une revue sans équivalent par son ouverture sur la scène littéraire et intellectuelle internationale.
Nous faisons le pari de la curiosité et de l’intelligence critique des lecteurs, parce que la pensée, la critique, la politique et la vie exigent d’autres pratiques d’écriture et de lecture, d’autres formats, d’autres rythmes que ceux qu’impose la lecture-zapping des grands médias.
La Revue internationale des livres et des idées sera ainsi aux côtés des lecteurs, des auteurs, des éditeurs, des revues et des libraires qui, ces dernières années, à l’heure de tous les renoncements, ont contribué à maintenir dans l’espace public l’exigence de penser et d’agir. Quelles que soient nos différences, nous unirons nos efforts.